La France a déposé sa candidature pour l’exposition universelle 2025

Le dossier tricolore a été transmis ce jeudi auprès du bureau international des expositions. Paris-Saclay saura en novembre 2018 s’il l’emporte face au Japon, la Russie et l’Azerbaïdjan.

Le pavé de plus de 600 pages est depuis jeudi entre les mains des membres du bureau international des expositions (BIE). Ce vendredi, l’ensemble des porteurs du projet de dossier de candidature de la France ont tenu une conférence de presse, une journée après l’avoir officiellement déposé. Ce n’est qu’en novembre 2018 que l’on saura si Paris-Saclay est choisi pour accueillir le village global de l’exposition universelle du 1er mai au 31 octobre 2025 face à Osaka (Japon), Iékaterinbourg (Russie) et Bakou (Azerbaïdjan).

La candidature, qui n’est plus seulement celle de Paris-Saclay mais celle de la France, est portée et soutenue par Emannuel Macron en personne. «En 2025, nous voulons à nouveau inviter le monde, 125 ans après 1900, année de la dernière exposition universelle à Paris, écrit le président de la République dans l’introduction du dossier. Nous voulons faire de Paris et de la France l’espace au sein duquel chaque culture, chaque innovation et chaque projet pourra dessiner et préparer l’avenir. »

Pour François Durovray (président LR du conseil départemental) et Michel Bournat (président LR de la communauté d’agglomération de Paris-Saclay), la «botte secrète » de la candidature de la France est la notion de «campus universel ». «L’université de Paris-Saclay regroupe actuellement plus de 110 nationalités parmi les étudiants, qui seront nos meilleurs ambassadeurs auprès des pays votants (NDLR : 1 voix par pays, 180 nations Etats votent) », rappelle Michel Bournat. Mais le campus universel repose sur une idée plus novatrice : les pays qui auront dépensé plusieurs millions pour ériger leur pavillon à l’exposition universelle pourront le laisser après l’événement pour en faire une sorte de cité étudiante. «Cela correspond à un souci de construire des bâtiments durables, laisser un héritage utile et créer un écosystème », insiste François Durovray.

Pour Jean-Christophe Fromantin, président du comité Expofrance 2025, les mots «innovation » et « durable » sont primordiaux. C’est pour cette raison que le globe, monument phare de l’exposition universelle de 2025, «tour Eiffel du 21e siècle », ne sera pas démonté juste après mais sera exploité encore 50 ans. «Les visiteurs y vivront des expériences uniques, avec des espaces immersifs », décrit Jean-Christophe Fromantin. Si les architectes Jacques Ferrier et Manuelle Gautrand en ont dessiné un modèle, un concours sera lancé pour sa conception finale.

En février prochain, le BIE lancera sa commission d’enquête pour vérifier la fiabilité du dossier : le financement (3,5 milliards d’euros en très large partie financés par le privé), l’adhésion de la population locale (Pascal Lamy, délégué interministériel pour l’exposition universelle 2025 va lancer une concertation et rencontrera prochainement élus locaux et associations comme le collectif Urgence Saclay ou les écologistes, très opposés) et l’assurance que les infrastructures seront construites en temps et en heure. En attendant, Paris-Saclay va sortir ses plus beaux atours pour la visite sur place des membres du BIE.